Hausse périlleuse de la dette (+51%), explosion des dépenses festives (de 239.951 euros à 484.052 euros entre 2000 et 2005), «anomalies» dans le contrôle des frais : la chambre régionale des
comptes d'Ile-de-France a dressé un sévère bilan de la gestion de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ville dirigée par l'élu UMP et proche de Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany.
Le rapport de 46 pages est sévère. Fêtes et cérémonies coûteuses, explosion des dépenses, utilisations abusives des véhicules de fonction… La gestion de la ville de Levallois-Perret, dont le maire
est Patrick Balkany (UMP) et la première adjointe sa femme Isabelle, laisse à désirer.
Un endettement en hausse de 51% en six ans
L'endettement «resté stable jusqu'en 2003, s'est significativement alourdi à partir de 2004». L'encours de la dette est passé de 156 millions d'euros en 2000 à 236 millions en 2006, soit une hausse
de 51%. Mais la Chambre régionale des comptes (CRC) note aussi que la ville a émis des billets de trésorerie pour plus de 200 millions d'euros, non intégrés dans le calcul de la dette, ce qui pose
«un problème de sincérité du niveau d'endettement (...)».
Au chapitre des dépenses, le rapport souligne le coût des «fêtes et cérémonies», passé de 239.951 euros à 484.052 euros entre 2000 et 2005, voire «même à plus d'un million d'euros, en tenant compte
des 525.000 euros de dépenses réalisés par l'association Levallois Communication», subventionnée par la ville. La CRC a également relevé des «anomalies» dans le contrôle des frais.
«Un risque de détournement de la loi»
Sur l'utilisation des véhicules municipaux, «un examen rapide et non-exhaustif des factures montre de nombreuses utilisations qui ne présentent pas le caractère de déplacements professionnels
courants».
Le rapport se penche également sur la société d'économie mixte d'aménagement de la ville, la Semarelp. «La constitution d'un "groupe" de sociétés» autour de cette structure «a conduit la commune à
détenir de fait, sur une période du plus de 20 ans, 80% de trois sociétés à responsabilité limitée (SARL) et 15 à 80% d'une quarantaine de sociétés civiles et commerciales», note la CRC. Même si
plus récemment, il y a eu «une sérieuse contraction du groupe», la CRC y voit «un risque de détournement de la loi». Celle-ci exige l'aval du Conseil d'Etat «avant toute prise de participation
d'une commune dans une société commerciale».
Le 28 juillet 1999, la Chambre régionale des comptes d'Île-de-France avait condamné Patrick Balkany pour avoir employé, pendant plusieurs années, trois agents municipaux de Levallois à son usage personnel. Au terme de ce jugement, il avait été contraint
de rembourser à la ville le montant des salaires : 523.897,96 euros.
source : http://www.20minutes.fr
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