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12 août 2006 6 12 /08 /août /2006 13:41



A Ezy sur Eure (Eure), petite ville d’environ 3000 habitants, sur l’espace vert face aux bureaux de la Société Stratec-Facom (spécialisé dans la fabrication d’outils), 58 croix portant les initiales de salariés ainsi que leur date d’entrée dans la Société ont été plantées.

 

Pourquoi ?

 

Parce que les salariés de cette société, dont certains y travail depuis 39 ans, seront les victimes dans un avenir proche de la fermeture du site d’Ezy sur Eure.

Pourtant, Stratec, qui est une filiale de Facom-Tool, a fait près de 100.000 euros de bénéfices en 2005 selon l’intersyndicale.

 

Dans le même temps, la firme américaine Stanley Works (première mondiale en matière de fabrication d’outils) qui a racheté Facom et l’ensemble de ses filiales, le 1er janvier 2006 pour 410 millions d’euros, a réalisé selon l’intersyndicale, 25 % de profit en 2005 soit 228 millions d’euros.

 

Mais le site d’Ezy sur Eure n’est pas le seul à bientôt fermer car en France d’autres sont également touché, ceux de Nevers (Nièvre) avec 134 licenciements et Morangis (Essonne) avec entre 30 et 40 licenciements.

 

Dans toute l’Europe, 580 personnes ont ainsi perdu leur emplois et depuis 8 ans Stanley Works s’est séparé de 10.000 personnes tout en en créant 3000 essentiellement en Asie et dans les Pays de l’Est.


Le licenciement est apparement le meilleur outils de Stanley Works.

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 09:00


Expulsée vers le Mali malgré une forte mobilisation, la lycéenne souhaite aujourd’hui revenir en France pour y terminer ses études.

Aminata Diallo, 19 ans, est expulsée le 20 juillet. Elle est née à Aubervilliers mais a passé son enfance et son adolescence au Mali, avant de revenir en France en août 2005 pour s'inscrire en terminale à Sarreguemines (Moselle) chez son oncle.

Aminata Diallo aurait logiquement pu bénéficier de la circulaire Sarkozy du 13 juin qui prévoit la régularisation de certains sans-papiers scolarisés, elle correspondait au profil requis. Ce qui a joué en sa défaveur c'est surtout le fait qu'elle n'ait pas eu son bac.

Malgré une mobilisation de soutien assez forte le ministère est resté sourd et a ordonné son expulsion. Les passagers du fameux vol ont tenté eux aussi de s'insurger pour empêcher ce retour forcé mais en vain.

Cette opération a couté 22 000 euros au gouvernement.

Aujourd’hui, malgré la forte opposition du ministère de l’Intérieur et de la préfecture, toutes les organisations solidaires se mobilisent pour permettre un retour d’Aminata, qui souhaite terminer ces études en France, et lutter ainsi contre les expulsions arbitraires des élèves sans papiers.

 

Merci à la Chroniqueuse d’avoir rédigé ce post  sur son blog : http://meschroniques.over-blog.com/

Vidéo de l’expulsion d’Aminata Diallo : http://meschroniques.over-blog.com/article-3395161-6.html#anchorComment

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 08:40
Le re-so se lance dans une campagne contre la loi sur la délinquance de Sarkozy. Il est encore d'agir et d'allez signer la pétition contre Nicolas Sarkozy et sa loi inique.


Nicolas Sarkozy s’apprête à présenter un nouveau projet de loi intitulé "plan de prévention de la délinquance ".

Ce texte est une manœuvre politique. Il entretient les fantasmes et les peurs pour faire de l’insécurité, l’unique enjeu de la prochaine élection présidentielle.

Ce texte constitue une nouvelle atteinte aux principes républicains. Les mesures proposées ne règlent en rien les causes profondes de la délinquance mais instaurent un traitement sécuritaire des problèmes psychologiques, éducatifs et sociaux des populations les plus précaires et des jeunes.

Avec ce projet de loi, Nicolas Sarkozy fait de chaque jeune, un PRESUME COUPABLE. Le plan gouvernemental organise une détection des « potentiels délinquants » dès 3 ans et remet en cause le statut pénal des mineurs. Il fait du maire un nouveau procureur, doté d’un pouvoir de sanction disproportionné et susceptible de mettre sous tutelle les allocations familiales.

Plutôt que de favoriser la réintégration et l’insertion des jeunes qui ont commis une première infraction, Nicolas Sarkozy propose de les sortir de la société en instaurant des « mesures d’activités en milieu de travail dès 13 ans » et le placement dans un internat dès 10 ans.

Après avoir fait de tout étranger un suspect, Nicolas Sarkozy fait de la jeunesse le catalyseur de toutes les peurs. Ce projet de loi est inacceptable. Nous exigeons son retrait.


Vous pouvez aller signer la pétition à cette adresse internet.

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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 19:00

Le gouvernement a donné un léger "coup de pouce" à la revalorisation annuelle du salaire minimum légal, qui sera relevé de 3,05% au 1er juillet.

Ainsi, le SMIC horaire brut passe donc de 8,03 euros à 8,27 euros, et le SMIC mensuel brut de 1.217,88 euros à 1.254,28 euros pour 35 heures par semaine. Une fois déduites les cotisations sociales, le SMIC mensuel net est ainsi porté de 957,74 euros à 984,61 euros.


Avec moins de 1000 euros net par mois en travaillant 35 h, comment faire vivre décemment sa famille ?

Selon une étude de l’INSEE, 15,9 % des salariés perçoivent le SMIC soit près de trois millions de travailleurs et 10 % gagnent moins (notamment dans les emplois de services aux particuliers et l’hôtellerie).

La France n’occupe que le 14ème rang en Europe pour le niveau des salaires mais le premier pour la rémunération des actionnaires, c’est une véritable honte. Et pendant ce temps là, les plus grosses fortunes françaises se comptent en Milliards d’Euros.

Selon la CGT, une hausse du Smic à 1.500 euros couterait 9 milliards d’euros en année pleine, tandis que les dividendes versés aux actionnaires des sociétés du CAC 40 ont augmenté de 8 milliards d’euros.

 

70 ans après le Front populaire et la création des congés payés, les 3 millions de smicards n’ont toujours les moyens de se payer des vacances et les fins de mois sont souvent dur.

 
Relever le SMIC à 1500 euros brut serait un minimum. Espérons que si la Gauche revient au pouvoir elle fera le nécessaire pour cela.

 

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 10:25
Le 30 juin 2006, le sursis donné par Nicolas Sarkozy accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera.
Ainsi, des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse et verront leur avenir s'assombrire un peu plus.


Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006 ne marquera pas le début des vacances d’été, mais bien le commencement d’un calvaire.
En effet, à cette date, le sursis que M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés tombera.
Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront.

De ce faite des milliers de jeunes et d’enfants devront jouer aux fugitifs, avec ou sans leurs parents tout en vivant dans la hantise de perdre à jamais leur école, leurs enseignants, leurs copains.
S’ils sont arrêtés, les parents auront droit à 48 heures de garde à vue puis entre deux et quatre semaines en rétention, et pour terminer un aller-simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas ou plus, dont certains ne parlent pas (ou plus) la langue.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère, pas de logement, pas de travail et pas d’espoir d’en trouver.
Pour les enfants, pas d’école, dans des pays où la scolarisation est un luxe.


Voici ce qui se cache derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction par le ministre de l’Intérieur.

Quand d'ici quelques jours, la loi sur l'immigration sera définitivement voté, les justifications officielles d'expluser des familles et des enfants seront de plus en plus nombreuses, le Réseau éducation sans frontière estime entre 15.000 et 50.000 le nombre d'enfants sans papiers menacés de reconduite à la frontière.

 

Signez la pétition contre l'immigration jetable : http://contreimmigrationjetable.org/

Lien : http://bellaciao.org/fr/

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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 08:08


Un journal qui meurt, c’est la démocratie qui s’étiole. Pour exercer sa souveraineté, chaque citoyen a besoin d’avoir accès à une information diversifiée, au débat contradictoire, au partage des savoirs. C’est dans la confrontation d’idées que l’individu se forge sa propre opinion.

Le pluralisme de la presse d’information et d’opinions permet l’expression de la diversité des courants de pensée de notre société.

Là où le débat tend à s’éteindre ou devient purement formel, on assiste généralement à des dérives populistes, à la montée des fanatismes et des obscurantismes, au recul des libertés.

L’Humanité participe pleinement à la vitalité de la démocratie dans notre pays.
Par son ouverture et son apport aux débats, par ses choix éditoriaux souvent inédits, par son souci constant de favoriser la confrontation d’idées, l’Humanité, comme les autres journaux, est un outil pour faire société ensemble. Elle est utile à notre pays.

Elle participe de sa richesse culturelle. Son originalité est reconnue et appréciée.
Malgré ses efforts pour rénover et diversifier son offre éditoriale, malgré l’augmentation continue
de sa diffusion depuis cinq ans, malgré le soutien sans faille de ses lecteurs, l’Humanité
se trouve dans une impasse financière.

Quotidien à faibles ressources publicitaires, indépendant des grands groupes, elle n’a pas bénéficié de recapitalisations, contrairement à d’autres médias, ces dernières années.
Elle est particulièrement touchée par la hausse constante des frais de fabrication et de distribution qui asphyxient l’ensemble de la presse écrite.
Nous avons tous en mémoire les disparitions du Matin, du Quotidien de Paris, de la République, d’Info Matin... France Soir est en souffrance.
Et aujourd’hui l’existence de l’Humanité est menacée.

Il y a urgence.
Au nom de la démocratie, nous en appelons à l’État, au monde économique, à tous ceux qui sont attachés aux valeurs fondamentales de la République.

Une mobilisation exceptionnelle doit créer les conditions pour que vive l’Humanité. Au-delà, un débat doit avoir lieu sur les moyens de garantir le pluralisme de la presse.
En signant cet appel*, par-delà nos opinions, par-delà nos fonctions, nous voulons réaffirmer haut et clair notre attachement au pluralisme et à l’existence de l’Humanité.

Pour le pluralisme, pour la démocratie, l’Humanité doit vivre.


*
Plus de 200 personnalités signent l’appel "Pour le pluralisme, pour la démocratie L’Humanité doit vivre"


Liens : http://www.humanite.fr/journal/2006-06-16/2006-06-16-831747 ; http://jaures.humanite.fr//scellius/sample/soutiens.html ; http://jaures.humanite.fr//scellius/sample/cofondateur.html


 

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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 08:38

Pour 2007, le gouvernement va supprimer 15.000 postes de fonctionnaires (départ en retraite et postes vacants), soit près de trois fois plus que les 5100 postes supprimés l’année dernière.

Dominique de Villepin a donc décidé, dans le cadre du budget 2007, de tailler dans les effectifs de la Fonction publique avec à la clef la diminution la plus drastique depuis 2002.
Le gouvernement en bon père de famille estime qu’il fera entre 500 à 600 millions d'euros d'économies.

Parmis ces 15.000 postes en moins, 8700 postes d’enseignants seront supprimés, cela correspond précisément à la baisse de 3 600 postes aux concours, à 1 800 postes supprimés dans le secondaire et à 3 000 postes récupérés en supprimant des décharges. "Le taux d'encadrement des élèves ne changera pas en 2007" a précisé le ministre à l'AFP. Pour le ministre des finances, Thierry Breton, "nous avons fait des audits qui démontrent qu'il y a des endroits ou on peut faire autrement avec un petit moins et bien c'est la responsabilité d'un gouvernement que de faire en sorte de donner les moyens disponibles pour préparer l'avenir sans pour autant évidemment obérer nos missions".

Ainsi, la droite s’attaque une nouvelle fois à l’école.
En cinq ans, environ 25.000 postes d’enseignants auront été supprimés dans l’Education nationale, c'est une régression sans précédent.

Alors que les émeutes de l’automne 2005 et la mobilisation contre le CPE montre clairement la nécessité de renforcer l’école, ce dernier budget réduit l’école publique et laïque à une simple variable d’ajustements budgétaires et met en avant les chiffres avant de se préoccuper des vrais besoins en faveur des écoliers, besoins qui ne sont pas les mêmes selon les villes et les quartiers.

En effet, l'école a grand besoin d'enseignants, d’infirmières, de psychologues, de conseillers d'orientation, de surveillants et pourquoi pas d’éducateurs. La mise en oeuvre d'un plan d'urgence pour l'école est nécessaire et ce ne sont pas ces suppressions de postes qui vont arranger les choses.

Ces nombreuses suppressions de postes confirment que l’école n’est pas une priorité pour le gouvernement qui montre ainsi qu'il méprise toujours la jeunesse de notre pays.
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22 mai 2006 1 22 /05 /mai /2006 06:42

La baisse annoncée se traduira par un allégement moyen de 5300 euros pour les 130.000 plus gros contribuables, et de 170 euros pour 17 millions d’autres.

 

Dominique de Villepin et son ministre du Budget Jean-François Copé l’ont dit et répété, dans l’évident espoir que les électeurs s’en souviennent le moment venu l’an prochain : la réforme de l’impôt sur le revenu (IR), qui sera applicable en 2007, « tout le monde y gagne ».

Pourtant la réforme réduit sensiblement la progressivité de l’IR, principe de base de justice fiscale (plus on grimpe sur l’échelle des revenus, plus on paie) en ramenant le nombre de tranches de 7 à 5 (il était de 13 il y a vingt ans), et le taux marginal (plafond) de 48,09 % à 40 %. À titre de comparaison, la CSG, impôt proportionnel et donc injuste, dépasse désormais en rendement (62 milliards d’euros en 2004) l’impôt sur le revenu. Et l’on ne parle pas de la TVA, qui frappe sans discrimination tous les consommateurs, y compris les non-imposables, et se fait proportionnellement plus lourdement sentir pour les budgets les plus faibles : en 2006, ses recettes doivent s’élever à 125,8 milliards d’euros.

Le gouvernement se vante de faire baisser l’an prochain le rendement de l’IR de 3,5 milliards d’euros. Mais qui en profitera ? 60 % des ménages, les plus modestes, toucheront 22 % de cette enveloppe de baisse fiscale ; 38 %, constituant les classes moyennes, en engrangeront 38 %, tandis que les 10 % de ménages les plus aisés bénéficieront de 40 % des gains !

Ainsi les 130.000 plus gros contribuables à l’IR bénéficieront en moyenne d’un allégement de 5300 euros alors que les 17 millions de contribuables restants ne connaîtront qu’un allégement moyen de 170 euros.

Tout le monde est gagnant ?

 

D’après : http://www.humanite.fr/journal/2006-05-18/2006-05-18-830050

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 07:56
Publié dans l'Humanité du 30 mars 2006


Les chiffres sont hallucinant : les bénéfices des entreprises du Cac 40 ont encore augmenté de 26,4% en 2005 (contre 55 % en 2004).

Cette nouvelle année d'énormes bénéfices n'a pas pourtant pas favorisé la croissance.

Pourtant selon les propos souvent entendu par les divers économistes de droites, ainsi que les employeurs et les ministres, la hausse des bénéfices des entreprises devrait permettre de favoriser la croissance et ainsi l’emploi.
Mais où sont donc passés tous ces bénéfices ? tout simplement dans le porte-monnaie des actionnaires, ainsi que dans les investissements faits pas ces entreprises.

Elles n'ont pas ou très peu fait embaucher et encore moins fait monter les salaires, alors quand on veut nous faire croire que c'est en augmentant les bénéfices des entreprises que l'on fait baisser les chômage, le principe de l'économie capitaliste est ainsi sérieusement ébranlé.

A quoi servent alors toutes les exonérations de charges faites aux entreprises ? A pas grand chose, finalement, à par à contenter les actionnaires.

Une partie de cet argent qui va dans les poches de ceux qui n'en ont pas besoin pourrait servir par exemple à boucher le trou de la sécurité social, à investir dans l'éducation, à donner plus de moyens au hôpitaux... A faire tant de choses qui servirait vraiment aux habitants de ce pays, car ce sont finalement eux qui ont permit de gagner cet argent comme par exemple en payant beaucoup plus chère l’essence pour ne citer que cet exemple.

Quand on apprend que GDF (gaz de France) malgré des bénéfice ne hausse de ces bénéfices de  29,8 % (soit 1743 millions euros) veut encore augmenter ces prix de 10 % alors que nous consommateurs avons déjà subi deux hausse de prix l’année précédentes (4 % puis 12 %) qui est encore la vache à lait ?

C'est l'échec pure et simple du libéralisme qui n'a en fait qu'enfoncer les salariés toujours plus bas, qui n'a fait que rendre la minorité de riches un peu plus riches (793 milliardaires en dollars dans le monde selon Forbes).

En plein débat sur le CPE, c'est un nouveau coup dur pour les partisans qui nous affirme qu’il faut toujours plus de la flexibilité pour les entreprises.

 

D’après : http://thomasm.boosterblog.com/

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 12:46


La pétition "Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans" vient de dépasser les 100 000 signatures. Ce texte, lancé en janvier par des organisations de psychiatres, psychologues et pédiatres, s'oppose au plan gouvernemental de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des "troubles comportementaux" chez l'enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance.

 

Voici le texte :

 
Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l'enfant dès le plus jeune âge, censés annoncer un parcours vers la délinquance comme l’expertise de l'INSERM.
Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d'héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas »…

Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche, le moindre geste, les premières bêtises d'enfant risquent d'être interprétés comme l'expression d'une personnalité pathologique qu'il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans, l'administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants. L'application de ces recommandations n'engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n'induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l'encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ?

L'expertise de l'INSERM, en médicalisant à l'extrême des phénomènes d'ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.

En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d'opposition inhérente au développement psychique de l'enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l'abord du développement singulier de l'être humain est nié et la pensée soignante robotisée. Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d'une palette thérapeutique la plus variée.

Pour autant, tous les enfants n'en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.

Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance.

On y lit notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l'« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) (va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ».

On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d'instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d'ordre public. Le risque de dérive est patent : la détection systématique d'enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d'endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d'accueil ou d'éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept-même de prévention.

 

Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l'enfance, de l'éducation, etc. :
- Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.
- Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.
- Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.
- Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux interrelations entre ces acteurs.


Lien : http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/
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A propos de l'auteur

Arnaud MOUILLARD

 

Educateur Spécialisé près de Rouen.

 

Ancien jeune correspondant au journal l'Humanité.

 

Blogueur membre du collectif de blogueur de gauche #LeftBlogs.

 

J'ai soutenu la Motion "A Gauche pour Gagner !" à l'occasion du dernier congrès du Parti socialiste.

 

Secrétaire de la section PS de Pavilly.

 

RDV sur mon nouveau Blog : http://arnaudmouillard.fr

 

contact : hern276@yahoo.fr