Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs
Par Arnaud Mouillard
Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy était passablement énervé qu'on l'interroge sur le Karachigate.
Des propos « off », rapportés par l'Express, en témoignent. Au cours d'une rencontre informelle dans la soirée, le président français, qui pourtant parlait au micro devant plusieurs journalistes, s'est énervé qu'on ait pu le présenter comme trésorier de la campagne d'Edouard Balladur de 1995, une qualification rarement usitée dans les commentaires et analyses sur cette affaire.
Un journaliste lui demanda alors de préciser son rôle à l'époque, après le témoignage de Charles Millon. Nicolas Sarkozy, exagérant pour faire comprendre son propos, a alors complètement dérapé, en s'adressant ainsi à l'auteur de la question : « Mais écoutez, on est dans un monde de fous. Il n'y en a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétro-commissions sur des sous-marins au Pakistan? C'est incroyable et ça devient un sujet à la télévision. Et vous, j'ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile... Qui me l'a dit? J'en ai l'intime conviction. Les services. De source orale. Pouvez-vous vous justifier? Et ça devient ''je ne suis pas pédophile'. Mais attends. Faut être sérieux quand même. Soit vous avez quelque chose et dans ce cas là j'y réponds bien volontiers. Soit vous avez rien et parlez-moi de choses intéressantes... » Ces propos présidentiels ont été enregistrés. Après 10 minutes de diatribe « survoltée », Sarkozy quitte la salle avec un «Amis pédophiles, à demain », laissant les journalistes présents « interloqués». Des membres de l'entourage présidentiel reviennent alors pour demander qu'on efface les bandes.
Cette altercation, terrorisante et invraisemblable de la part du « président de la cinquième économie du monde » aide à comprendre la timidité des journalistes, le lendemain, lors de la conférence de presse au sommet de Lisbonne. Dans l'unique question posée sur l'affaire Karachi, un journaliste de France 2 tendait en fait une perche à Nicolas Sarkozy en lui demandant son sentiment sur l'affaire, et non pas de s'expliquer sur des points précis. Cette sortie de Sarkozy témoigne surtout d'une absence totale de self-contrôle.
Article complet signé Sarkofrance à lire ici
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