Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs
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Marie-Anne Montchamp applaudi Villepin le 19 juin dernier au lancement de République Solidaire - © RichardTrois
C'est peut être un détail pour vous mais cela veut dire beaucoup...
Nicolas Sarkozy a nommé dimanche soir Marie-Anne Montchamp au sein du gouvernement. Il fait ainsi un beau cadeau d'anniversaire à Dominique de Villepin qui fête aujourd'hui ses 57 ans.
En effet, Marie-Anne Montchamp, deputée du Val-de-Marne, est surtout porte-parole de République Solidaire. Le parti politique fondé, avec elle, par Dominique de Villepin, le 19 juin dernier. Marie-Anne Montchamp était d'ailleurs chargée de créer un groupe autonome de l'UMP, regroupant villepinistes et centristes à l'Assemblée nationale. On imagine qu'elle a eu coeur à l'ouvrage se sachant sur les rangs pour un ministère...
Elle ne sera pas trop seule au gouvernement, aux côtés, de Bruno Le Maire ou de Georges Tron, tous anciens villepinistes qui n'ont jamais eu de mots assez dûrs contre Nicolas Sarkozy et qu'un maroquin aura suffi à convaincre de la grandeur de leur tâche comme de celle de leur Président.
Comme les choses changent en 4 mois...
Il faut relire l'interview accordée par Marie-Anne Montchamp à Libération. Avec le recul, elle sonne comme une très belle lettre de candidature :
Libération : Sommes-nous arrivés, après trois années d’exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy, à un point de non-retour ?
Marie-Anne Montchamp : Je le pense. Nous sommes à un vrai tournant marqué par trois renoncements de l’exécutif, qui provoquent dans la majorité des clivages politiques de plus en plus palpables. Le premier est le renoncement à la réforme. On nous a dit «il faut réformer» et l’on nous propose des mesures à courte vue. La seule question que l’on se pose est : sont-elles compatibles avec le socle acceptable par l’électorat de droite ? L’exemple des retraites en est l’illustration : on a juste reculé de deux ans l’âge de départ en espérant que cela ne compromettrait pas 2012. Et on a oublié de préciser qu’il faudra ensuite prendre des décisions budgétaires douloureuses, puisqu’il faut trouver 90 milliards d’euros.
Le second renoncement est plus profond : on n’ose plus regarder la société française en face. Une société qui a ses peurs, ses contradictions. Mais on préfère ne pas les voir. Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la famille ? Quel doit être le rôle de l’Etat. Quels sont les risques en matière de santé ? Qu’attend-on, en positif comme en négatif, des migrations ? Toutes les options que nous propose l’exécutif font l’impasse sur ces questions. On se voile la face. Le troisième renoncement, c’est qu’on ne voit plus rien au-delà des échéances électorales de 2012. On sait qu’il faut rétablir l’équilibre des finances publiques, et qu’on ne pourra pas le faire sans augmenter les impôts. Mais on continue de faire comme si cela n’existait pas. On attend 2012.
Libération : Le remaniement annoncé, s’il est de grande ampleur, ne peut-t-il pas renverser la vapeur ?
Marie-Anne Montchamp : L’espoir est toujours possible. On peut changer, repartir sur de bonnes bases. Mais cela risque d’être difficile. Il faudrait beaucoup de courage à l’exécutif pour renoncer à ses dogmes. (...)
Drôle de morale politique que de se renier autant en si peu de temps, tout ça pour un strapontin gouvernemental...
Qu'elle était belle pourtant cette embrassade du 19 juin dernier (ci-dessous) après la naissance de République Solidaire... Si solidaire que Marie-Anne Montchamp est aujourdhui secrétaire d'Etat à la Solidarité...
source : http://www.lepost.fr