Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs
Les joueurs de l’équipe de France de Football, sont sortis de leur réserve pour évoquer les émeutes urbaines. Lilian Thuram, devenu héros de la France « Black-Blanc-Beur » un 8 juillet 1998 en envoyant grâce à ces 2 buts contre la Croatie en demi-final les « Bleus » en finale de la Coupe du monde, a donné le ton. Il n’a pas fait de langue de bois.
Ainsi, Lilian Thuram, membre du Haut conseil à l'intégration, a indiqué être "énervé" par les discours entendus sur les banlieues, et a ainsi répondu au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, affirmant ne "pas être une racaille".
"Moi aussi, j'ai grandi en banlieu, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à la veille de France-Costa Rica à Fort-de-France. Quand quelqu'un dit il faut nettoyer au Kärcher... Il ne sait peut-être pas ce qu'il dit, Sarkozy. Moi, je le prends pour moi."
"Moi aussi on me disait : tu es une racaille. Mais je ne suis pas une racaille. Ce que je voulais c'est travailler. Il n'a peut-être pas saisi cette subtilité", a poursuivi Lilian Thuram, se disant "énervé", souhaiterait que, sur le fond, on parle de "justice sociale".
"C'est assez délicat, on traverse une période difficile. On a mis le point sur l'insécurité. C'est quelque chose qui rassemble: qui ne veut pas vivre en sécurité? Le problème, c'est qu'il faut trouver des coupables. Et, derrière, on entend toujours les gens qui vivent dans les banlieues", a ajouté le défenseur de l'équipe de France, né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).
"Mais la violence n'est jamais gratuite. Il faut comprendre d'où arrive le malaise. Avant de parler d'insécurité, il faut peut-être parler de justice sociale. Les gens (en banlieue) n'ont peut-être pas de travail. C'est bien la rigueur, mais avant ça, il faut intégrer les gens par le travail. Ils demandent du travail. Les plus rebelles le traduisent par l'agressivité", a-t-il poursuivi.
"Je suis triste pour eux (les jeunes des banlieues), mais il y a une réflexion à avoir. Souvent, les jeunes ont comme idoles les joueurs de foot, c'est bien, mais il faut d'autres idoles", a encore affirmé le défenseur des Bleus, qui a ensuite demandé à ce qu'on parle de football.
Présent lui aussi au point-presse, Le milieu de terrain des Bleus et de Lyon, Florent Malouda à pour sa part a affirmé que les débordements étaient "inévitables". "Avec le couvre-feu, ça ressemble à une guerre civile, on croirait que c'est à l'étranger mais c'est en France. Il y a des indices qui laissaient présager ça, le seul message qu'on peut passer en tant que sportif, c'est un message d'apaisement."
"Les victimes, ce sont les gens de la banlieue eux-mêmes, les voisins des casseurs, c'est pour eux que les préjudices sont les plus importants", a-t-il ajouté. "Si des mesures ne sont pas prises, cela peut empirer", a poursuivi Malouda, originaire de Guyane.