Prouver génétiquement sa filiation : cela pourrait devenir la future obligation des immigrés désireux d’obtenir un visa de plus de trois mois dans le cadre du regroupement familial. C’est le sens d’un amendement déposé par le député Thierry Mariani (UMP) et voté mercredi par la commission des lois de l’Assemblée nationale, dans le cadre de la loi sur l’immigration qui sera examinée au Palais-Bourbon mardi.
s’interroge le député-maire (UMP) Etienne Pinte, le seul député de la majorité, avec son confrère François Goulard, à s’être opposé à ce texte. Thierry Mariani justifie son amendement par la lutte contre
".
L’amendement n’impose pas ce test ADN, les autorités consulaires le proposeront aux candidats à l’immigration. Hier la Ligue des droits de l’homme dénonçait "
un amendement profondément discriminatoire et même xénophobe car il y a là une véritable peur de l'étranger" ainsi qu'une
"une hypocrisie consistant à prétendre que le test ADN ne sera que proposé et non imposé mais qui ne trompe personne : nul ne sera obligé de passer le test… ni d’obtenir un visa". François Goulard, estime que
: "
Lorsqu’on fait venir un enfant en France, c’est pour s’en occuper ; donc pourquoi soupçonner que l’enfant n’est pas celui des parents ?".
L’Elysée faisait savoir hier sa
"surprise" face à cette initiative, renvoyant le dossier vers le cabinet de Brice Hortefeux.
A Lyon (
lire ici), le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a expliqué avoir
"pris connaissance d’un amendement accepté en commission. Aucun sujet ne doit être tabou. L’objet de cet amendement est de permettre à un volontaire d’accélérer les procédures sous réserve qu’il accepte de se soumettre à ce test de paternité. J’observe que cette politique est courante dans onze pays de la Communauté européenne".
Faut-il rappeler que l’article 16 du Code civil interdit formellement toute "
étude génétique des caractéristiques d’une personne" sauf "
à des fins médicales ou de recherche scientifique" ? Seul un magistrat peut ordonner le recours aux empreintes génétiques pour établir une filiation.
Ainsi, ces restrictions existent pour une bonne raison. Il s’agit de protéger la dignité humaine, une personne ne pouvant pas obligée de dévoiler ses caractéristiques génétiques. L’être humain, être avant tout social, ne se laisse pas résumer à son héritage génétique.
Par ailleurs, "
en matière de filiation, rien ne repose, en droit français, sur la biologie", comme le souligne à juste titre le député Goulard cité par le quotidien Le Monde. En effet, une personne peut tout à fait reconnaître un enfant dont il n’est pas le parent biologique. Le lien de parenté est bien davantage un lien social, que biologique.
Cette réalité existe dans toutes les sociétés du monde. Il n’y a aucune légitimité d’imposer aux ressortissants étrangers, ce qu’on n’exige pas des Français ou Européens.
A poursuivre dans la même voie (si cette amendement est adopté), le gouvernement pourrai aussi un jour pourquoi pas proposer un test ADN à toutes les personnes qui demandent à bénéficier des allocations familiales.
Cette proposition de l'UMP me fait me poser cette question :
les étrangers sont-ils des êtres humains de seconde zone ? Autre article sur ce sujet : http://tempsreel.nouvelobs.com/