Depuis lundi, avec la détaxation des heures supplémentaires, le grand slogan de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy "
travailler plus pour gagner plus" est entré en vigueur.
Chaque heure supplémentaire sera dorénavant payée 25 % de plus qu’une heure normale au travailleur. Ce dernier ne paiera ni impôt sur le revenu ni cotisations sociales sur ces heures. Son employeur, lui, bénéficiera d’une réduction forfaitaire de ses cotisations sociales.
Alors que le régime des heures supplémentaires a déjà considérablement été assoupli pour les entreprises par la loi Fillon de 2005, qui avait porté le contingent annuel autorisé à de 130 à 220 heures par salarié, le
nombre d’heures effectuées en plus est resté stable, avec une
moyenne d'environ
44 heures par salarié et par an toutes entreprises confondues.
Une augmentation massive du nombre d’heures suplémentaires étant peu probable, les salariés vont donc avoir du mal à bénéficier des gains financiers prévus par la déduction du paiement de ces heures du revenu imposable et la réduction de cotisations sociales pour eux aussi. En fait, les principaux bénéficiaires de la mesure seront ceux qui effectuent déjà des heures supplémentaires rémunérées, encore faut-il qu’ils soient imposables car rien n’est prévu pour les personnes exonérées d’impôts et qui généralement subissent les plus bas salaires. Seule certitude pour l’heure, le
coût pour l’Etat de cette mesure qui est évalué à
6 milliards d’euros par an, alors que les caisses sont aujourd’hui gravement déficitaires.
La durée du travail et la rémunération ne dépendent pas de la volonté du salarié mais de celle de l’employeur, employeur qui décide seul de l’utilisation des heures supplémentaires et de qui les fera, vous vous imaginez dire à celui-ci en arrivant au travail "'
je veux travailler plus pour gagner plus ?"
Il y a des millions de salariés qui subissent les temps partiels et aimeraient bien travailler à temps plein, et que dire des personnes au chômage.
De plus, trop d’heures supplémentaires risque d'aggraver le chômage, en effet, au lieu d’embaucher, une entreprise qui ferait face à un surcroît d’activité augmenterait le nombre d’heures supplémentaires, du coup pourquoi embaucher ?