Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs

Deux ans après la disparition de Guy-André Kieffer en Côte d'Ivoire, des dizaines de proches se sont rassemblés le 16 avril à Paris pour réclamer des "efforts concrets" permettant de faire la lumière sur son enlèvement.
Reporters Sans Frontières (RSF) attend ainsi un "geste politique fort" de la part des autorités ivoiriennes et françaises pour faire avancer les investigations sur l'enlèvement, le 16 avril 2004 à Abidjan, du journaliste franco-canadien.
"Alors qu'une deuxième année d'opacité se termine, il est grand temps qu'Abidjan et Paris multiplient des efforts concrets dans cette affaire", estime l'association. "Le manque de détermination freine les investigations du juge français Patrick Ramaël et de sa consoeur Emmanuelle Ducos. Le principal suspect, Michel Legré, ainsi que toutes les personnes citées dans le dossier, doivent pouvoir être entendus sereinement par les juges, loin des pressions", ajoute-t-elle dans un communiqué.
Les proches du journaliste dénoncent l'inactivité de la France et de la Côte d'Ivoire. "L'immobilisme du gouvernement ivoirien et du gouvernement français ralentit considérablement les recherches. De plus, nous sommes inondés chaque semaine de demandes de rançons, de visa", a déclaré l'épouse du journaliste, Osange-Silou Kieffer, sur le site Nouvelobs.com.
"Ces fausses pistes n'aboutissent à rien, mais nous sommes obligés de les prendre en compte. Il est certain que cette tentative d'intoxication est orchestrée", a-t-elle ajouté.
Guy-André Kieffer, journaliste indépendant basé à Abidjan, a été vu pour la dernière fois le 16 avril 2004 vers 13 heures dans un centre commercial de la capitale. Il collaborait notamment à La Lettre du continent et était spécialisé dans les questions de matières premières, notamment le cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial.
Le journaliste "enquêtait lors de son enlèvement sur des sujets hautement sensibles : l'argent du cacao, l'enrichissement personnel des hauts dignitaires du régime ivoirien, le financement des armes", a récemment écrit son frère, Bernard Kieffer, dans une tribune publiée par la presse. "Autant de sujets qui l'ont rendu hautement impopulaire dans les allées du pouvoir ivoirien et peut-être même au-delà tant les intérêts économiques franco-ivoiriens sont liés", ajoutait-il.
Michel Legré, beau-frère de Mme Simone Gbagbo et dernière personne à avoir vu Guy-André Kieffer avant sa disparition, a été mis en examen le 21 octobre 2004 par le juge d'instruction Patrick Ramaël pour "enlèvement et séquestration". Il est aujourd'hui placé en résidence surveillée à Abidjan, après un an et demi de détention. Le juge Ramaël a demandé à pouvoir l'entendre en France mais aucune suite n'a pour l'instant été donnée à cette requête, souligne RSF.
Jean-Tony Oulaï, un ressortissant ivoirien se disant "ex-capitaine" de l'armée et que certains témoins accusent d'avoir supervisé l'enlèvement du journaliste, a également été mis en examen pour "enlèvement et séquestration" en janvier 2006 en France et placé sous contrôle judiciaire.
Lien vers un site de soutien : http://www.guyandrekieffer.org/accueil/index.php
D’après : http://fr.news.yahoo.com/16042006/290/il-y-a-deux-ans-guy-andre-kieffer-etait-enleve.html