Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs

Le Front populaire fut une coalition des partis de la gauche, le PCF, la SFIO, l'Union socialiste républicaine de Paul Ramadier et le Parti radical, qui gouverna la France de 1936 à 1938, auxquels se sont ajoutés un mouvement d'anciens combattants et des mouvements plutôt intellectuels : la Ligue des droits de l'homme, le Mouvement contre la guerre et le fascisme et le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.
C'est le dirigeant communiste Maurice Thorez qui, par des articles dans L'Humanité, appela pour la première fois en France à la formation d'un « Front populaire ». Il présenta d'ailleurs son projet quelques semaines plus tard devant la Chambre des députés. Il proposa aussi d'associer à ce Front populaire les radicaux, qui était le parti le mieux représenté à la Chambre et qui, après la dislocation du second Cartel des gauches participait à un gouvernement d'Union Nationale avec le centre droit et la droite modérée.
Ce succès électoral éveilla chez l'ensemble des travailleurs un immense espoir. Ainsi, un mouvement de grève et d'occupation d'usines sans précédent se mit en place, gagnant toute la France. Près de 2 millions de travailleurs débrayèrent, paralysant le pays. Les patrons, craignant au plus haut point une révolution bolchevique, s'empressèrent de négocier sous l'égide du gouvernement dans le but d'obtenir la reprise du travail.
Les accords du Front populaire permirent la victoire aux élections législatives le 3 mai 1936 et débouchèrent sur le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIème République. La gauche avait alors obtenu 376 députés sur 618, dont 146 pour la SFIO. Léon Blum, alors dirigeant de la SFIO, devint président du Conseil à partir du mois de juin. Le gouvernement était alors composé seulement de 20 socialistes, 13 radicaux et 2 républicains socialistes, les communistes le soutenant de l'extérieur. Ce gouvernement de Front populaire fut le premier à accueillir 3 femmes ministres (Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie et Cécile Brunschwicg) alors que celles-ci n'avaient toujours pas le droit de vote.
Le bilan du Front populaire est à certains égards mitigé, mais cette brève expérience permit tout de même un nombre important d'avancées dans de nombreux domaines, en particulier dans le domaine social : congés payés, semaine de quarante heures, établissement des conventions collectives, prolongement de la scolarité à 14 ans…
Malgré tous les problèmes auxquels a dû faire face le Front populaire, il a marqué les mémoires, et suscitera bien des passions. Ainsi, le régime de Vichy le tiendra pour responsable de la défaite française face à l'Allemagne nazie. Mais surtout, on retiendra de cette période ces grèves joyeuses, et les premiers congés payés qui permirent pour la première fois aux travailleurs de partir en vacances, cette « éclaircie dans les vies difficiles », comme le disait Léon Blum.
CONCLUSION :
Liens : http://www.dinosoria.com/front_populaire.htm ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_populaire ; http://centenaire.parti-socialiste.fr/article.php3?id_article=268