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Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs

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Jeunesse et médias


Article d'Eléonore Quesnel


Le jeune a un sacré casier, il traîne de grosses casseroles et pourtant on jalouse la fraîcheur de ce moins que rien. Qui sont donc les responsables de sa réputation de malandrin patenté ? La réponse semble évidente bien que trop facile ; à savoir les médias, par qui il s’en prend plein le museau. En effet, le jeune est représenté dans la presse, qu’elle soit écrite, télévisée, etc. de deux manières principales : délinquant multi-récidiviste ou mononeurone ahuri. Alors, le jeune, t’es vénère ?

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un jeune ? "C’est un mec qui regarde TF1 et qui fume du shit", dixit un jeune. Plus sérieusement, le jeune ne se définit pas, car il fait partie de la catégorie fourre-tout "jeunesse". Une jeunesse que les médias, paradoxalement, aiment à sanctifier. Dans une société des plus jeuniste, la jeunesse est l’avenir, est un moteur, est révoltée, est poétique, est belle comme dans un film de Larry Clark.

Mais revenons-en aux jeunes. D’abord, on trouve le plus fréquemment à son sujet, dans les journaux télévisés et autres, le "jeune de banlieue." En effet, il est celui qui brûle des voitures, qui a la flemme de chercher du boulot, qui deale en bas de son immeuble, qui est en échec scolaire. Pourtant, le jeune lambda de banlieue est loin des clichés : les médias ne parlent que très rarement du jeune de banlieue réglo. Un chiffre : une étude a démontré qu’en 2003, dans les JT, 24% des sujets traités parlant des jeunes les montraient dans un envi- ronnement policier (au comico, les menottes aux poings, en contrôle d’identité, etc.). Le jeune de banlieue, pour les médias, n’est donc qu’un fauteur de trouble. D’ailleurs, à force de répétitions, on parle non plus de "quartiers difficiles" mais de "quartiers" tout court (qui, à la base, signifiait "pâté de maison" et non "zone à fort pourcentage de chômage et de délinquance").

À l’opposé des feux de joie banlieuesards, on trouve en librairie l’univers aseptisé de la presse spécialisée : "Fan2", "Jeune&Jolie", etc. qui prend les jeunes pour des décérébrés avides de conseils drague et de télé-réalité. Sommes-nous donc si superficiels ? Probablement, étant donné que ces publications trouvent des lecteurs.

Le jeune, en général, inquiète ; on le constate en jetant un coup d’oeil aux têtes de gondoles de Carrouf (voyez donc "Ados à fleurs de peau" de Xavier Pommereau) ou aux émissions "de société" avec des sujets comme "les dérives satanistes chez les jeunes" et consorts.

Enfin, on a le droit au concept démago du Parisien qui dans la rubrique "un parcours réussi" publie l’interview d’un mec jadis "défavorisé" qui a gravi les échelons sociaux ou monté sa petite entreprise : l’american dream beauf à la française.

Certains journaux s’intéressent toutefois aux jeunes : c’est le cas, évidemment, de la presse spécialisée (" Muze ", " Phosphore ", " L’Etudiant " ...) mais aussi de "La Croix" qui a donné la parole à un jeune au sujet des élections chaque semaine. Quant à "L’Humanité", avec son opération "libre-échange", elle offre l’abonnement à tout jeune "correspondant" durant 6 mois, qui, en contrepartie, peut envoyer des articles, publiés tous les jeudis ou sur le site.

Finalement, comment remédier au problème de la mauvaise image des jeunes dans les médias en général ? On y voit deux solutions : premièrement, il faut " changer les médias ", c’est-à-dire cesser les amalgames sur la comète et arrêter de coller à la jeunesse une mauvaise réputation. On peut bien sûr parler de leurs conneries, mais la jeunesse n’est pas seulement faite de ça ! Deuxièmement, la jeunesse doit prendre d’assaut les médias. Regardons les infos, lisons les journaux, comprenons l’actualité, et enfin, usons de notre liberté d’expression !

Nous ne sommes pas (tous) des cibles pour les publicitaires, nous ne sommes pas (tous) de coupeurs de bourses, nous méritons mieux.

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