Le 10 mai 1981 à 20h, le candidat socialiste François Mitterrand remportait l'élection présidentielle face à Valéry Giscard D'Estaing.
Il y a vingt-cinq ans, le 10 mai 1981, François Mitterrand, candidat socialiste à l'élection présidentielle, l'emportait sur le président sortant Valéry Giscard d'Estaing et ouvrait la voie à l'alternance politique que la France n'avait pas connue depuis un quart de siècle.
A 20H00, en ce dimanche pluvieux, les chaînes de télévision dévoilent ligne à ligne le visage du vainqueur. Les yeux de Mitterrand qui se dessinent sur les écrans soulèvent une explosion de joie parmi ses partisans. Des dizaines de milliers de personnes se pressent bientôt à la Bastille. Dans la plupart des grandes villes de France, des rassemblements joyeux se forment aussitôt. Peu après 22H00, le vainqueur fait sa première déclaration officielle, à Château-Chinon : "J'agirai avec résolution pour que, dans la fidélité à mes engagements, la France trouve le chemin des réconciliations nécessaires. Nous avons tant à faire ensemble". Les résultats définitifs sont annoncés lundi matin: Mitterrand l'emporte avec 51,76% des voix contre 48,24% à VGE.
Un mois plus tard, après la dissolution de l'Assemblée nationale, la large victoire de la gauche aux législatives (la vague rose) donnait la majorité absolue au seul Parti socialiste. L'union des forces de gauche sur laquelle François Mitterrand avait fondé sa stratégie, dix ans auparavant au congrès socialiste d'Epinay, connaissait alors son aboutissement. M. Mitterrand réussissait ainsi à sa troisième tentative, après avoir mis le général de Gaulle en ballottage en 1965 et perdu de justesse en 1974, face à M. Giscard d'Estaing. Dans la France du début des années 80, l'arrivée de la gauche à la tête de l'Etat a marqué une véritable rupture politique après vingt-trois ans de pouvoir exclusif des gaullistes et des giscardiens. Surtout, elle a inauguré une période où l'alternance des majorités va désormais s'opérer et entrer dans les moeurs politiques françaises, la droite et la gauche se succédant régulièrement au gouvernement, à l'instar de la plupart des démocraties occidentales.
Alors que la révolte de mai 68 avait, politiquement, débouché sur un renforcement du pouvoir gaulliste en place, l'élection de mai 81 et les législatives de juin, opèrent un vrai tournant dans le fonctionnement de la Vè République elle-même. Sur le plan politique, outre la vague rose socialiste, c'est le retour des communistes au gouvernement (ils sont quatre dans le gouvernement de Pierre Mauroy) qui fait l'événement.
Prévisible en France, leur participation au gouvernement (aux Transports et à la Santé en particulier) provoque un tollé chez les Alliés, et d'abord à Washington. Au point que le vice-président George Bush fait le voyage à Paris pour demander des explications à M. Mitterrand et le mettre en garde, en vain, contre cette alliance avec les "amis de l'URSS de Brejnev".
La célébration de la victoire de Mitterrand est certes une chose intéressante, mais il ne faut surtout pas oublier aujourd'hui, 25 ans plus tard, l'oeuvre de Mitterrand : l'abolition de la peine de mort, les 39heures, la 5ème semaine de congés payés...