Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs

L’offensive militaire israélienne au Liban vient d’entrer dans sa deuxième semaine.
Maintenant nous savons qu’elle sera "sans limite dans le temps" puisque telle est la décision du premier ministre israélien Ehud Olmert.
L’agression est totale, les initiatives diplomatiques pour la stopper sont absentes et la communauté internationale laisse faire.
En une semaine pourtant, plus de 300 personnes sont mortes et il y a des centaines de blessés. La plupart sont des civils innocents.
Tout cela car le gouvernement israélien veut éliminer les membres du Hezbollah qui sont responsable de l’enlèvement de deux de ses soldats.
Beyrouth subit bombardements sur bombardements. Toutes les villes et villages du pays sont frappés, particulièrement les régions lointaines du Sud et du Nord, provoquant l’exode de centaines de milliers de personnes. Des familles entières sont jetées sur des routes détruites et cherchent asile, pour bon nombre en Syrie voisine. Des milliers de ressortissants étrangers sont en fuite. Toutes les infrastructures, routes, ponts, ports et aéroports, dépôts d’essence, usines et centrales électriques, sans compter les maisons et les logements, sont détruites.
L’armée israélienne a déployé non seulement ses avions et ses hélicoptères de combat, mais aussi ses navires de guerre qui patrouillent dans les eaux territoriales libanaises avec la volonté d’imposer un blocus complet.
Les ressources vitales comme l’eau commencent à manquer, les prix des vivres s’envolent, une catastrophe humanitaire est annoncée, touchant en premier lieu les réfugiés, qui ont désormais besoin de toute la protection internationale.
Nous ne pouvons qu’approuver Jacques Chirac quand il demande l’ouverture de "corridors humanitaires" à l’intérieur du Liban, ou quand il annonce l’envoi par avions de médicaments, d’installations en eau potable et de groupes électrogènes pour les hôpitaux. Comme on ne peut que souscrire à l’"urgence" d’imposer une "trêve humanitaire".
Mais n’est-ce pas reconnaître au fond que la guerre est là, s’installant durablement, et admettre le refus d’Israël d’engager des discussions sérieuses sur un cessez-le-feu avec le Liban assiégé ?
Ehud Olmert veut ainsi montrer sa puissance politique et militaire (avec l’appui de George W. Bush), et se réfugier derrière la résolution de l’ONU (1559) exigeant notamment le désarmement du Hezbollah comme condition d’un cessez-le-feu sans faire peu de cas des 98 résolutions concernant Israël et que celui-ci n’a jamais respectées.
Par le passé, les Israéliens ont toujours refusé de discuter avec ceux qu’ils appellent les "terroristes", de manière à ne pas leur accorder la moindre légitimité. Mais la réaction militaire quasi aveugle d’Israël, "démesurée" disent certains, empêche de comprendre que de l’autre côté des frontières (c’est vrai aussi avec les territoires palestiniens) il existe des peuples, se relevant à peine de la guerre et du chaos, des pays en (re)construction, et qui aspirent à vivre en paix sur leur propre territoire, souverainement.