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Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs

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2007 : les sondages dicteront-ils les élections ?

Article de Jean-Emmanuel Ducoin



Rappel des faits :

Même lestés de leur marge d’erreur, volontiers reconnue, et des interprétations souvent fantaisistes, les sondages occupent une place exorbitante.


 

En rien immunisée par les soubresauts fréquents d’une actualité rarement prévisible à cent pour cent, la France serait toutefois passée à l’heurede l’« opiniomanie » galopante.

Pas un jour sans sondages.

Les candidat(e)s à l’élection présidentielle sont à peine désigné(e)s que les intentions de vote des Français sont, depuis de longs mois, interrogées, analysées, disséquées.

Ils servent d’argument au moment du choix des personnes (celui qui peut gagner) ou des orientations (ce que souhaitent les Français).

D’ailleurs, pris au pied de la lettre, le verdict est déjà tombé pour la prochaine présidentielle : le second tour opposera Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, rompez les rangs !

Mais ce n’est pas tout. Sachez-le, si vous vous sentez agressé par l’abondance « d’études d’opinions » divulguées chaque jour dans tous les médias, celles non rendues publiques sont encore plus nombreuses et font le miel des instituts.

En effet, les « politiques » recourent de plus en plus frénétiquement à ce qu’on appelle des sondages qualitatifs, au demeurant excessivement chers, qui permettent par exemple de tester une idée avant de la lancer, ou de reprendre une formule percutante d’un « sondé ».

En somme, un oeil sur les courbes, l’autre sur les médias. Une seule préoccupation semble désormais hanter les « communicants » modernes, « produits » de la télécratie : coller au plus près des aspirations des citoyens.

Noble intention, il est vrai, dans un pays où l’on ne cesse d’invoquer la fracture entre le peuple et ses élus, qui se traduit par une grave crise de confiance envers la République elle-même. Mais de la démocratie représentative à la démocratie d’opinion, où est la « juste » frontière pour ne pas sombrer dans la « pipolisation », voire la démagogie et le populisme ?

Les avis divergent sur la question. Écouter ce que « disent » les citoyens est une chose.

S’en contenter passivement en est une autre. Tous s’en défendent évidemment.

Pourtant, la « sondagite » qui gagne tous les sujets - sachant néanmoins que certains ne peuvent être traités en fonction de l’opinion - se révèle d’une extrême perversité, malgré les mises en garde des sondeurs qui ne cessent de répéter que leurs enquêtes n’ont aucun caractère prédictif (les cas de figure ne manquent pas ces dernières années).

D’autant qu’il ne faut jamais oublier que les sondages procèdent par « questions fermées »,
jamais ou rarement « nuancées », et donc très largement par imposition de problématiques
que les commanditaires jugent importantes. Ainsi, beaucoup confondent un peu vite l’opinion et l’audience.

Or l’audience est le contraire de l’opinion, car l’audience est souvent manipulée et « désindividuée », et n’a d’autre fonction, à l’ère du « tout-média », que d’orienter vers des tendances dominantes.

Seulement voilà, le « non » au référendum est passé par là, et avec lui un désir de démocratie participative, fondé sur le principe d’égalité et le partage de la prise de décision citoyenne.

Inutile de commander un sondage pour s’en persuader...

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