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Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs

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Sarkozy cumule pour calmer Devedjian


Article de Philippe Cohen et Sylvain Lapoix (MARIANNE)

Le successeur de Nicolas Sarkozy au conseil général avait été désigné avant même le scrutin du 22 avril mais Patrick Devedjian a piqué une crise pour être élu toute affaire cessante président du conseil général des Hauts-de-Seine, ce qui impliquait pour le nouveau Président de la République de conserver son mandat départemental. Explications.

 
 
Capture d'écran de la notice de Nicolas Sarkozy sur le site du Conseil général du 92, 2 juillet 2007
Capture d'écran de la notice de Nicolas Sarkozy sur le site du Conseil général du 92, 2 juillet 2007
Président de la République et conseiller général de Hauts-de-Seine : étrange cumul pour un homme qui se revendique du général de Gaulle ! C'est pourtant le grand écart auquel a consenti Nicolas Sarkozy pour assurer à Patrick Devedjian la présidence du conseil général du 92. Excédé de ne pas avoir obtenu le poste de ministre qu'il attendait, ce fidèle sarkozyste aurait, selon un proche, fait « une scène épouvantable » au nouveau chef de l'Etat pour exiger qu'il lui garantisse la tête du département, en compensation.

Eviter une élection partielle
La procédure normale aurait impliqué la démission de Nicolas Sarkozy de son mandat dans les Hauts-de-Seine, et donc de celui de président du conseil général. Or, l'élection du nouveau président du conseil général n'est possible que si tous les postes de conseillers généraux sont remplis. Le successeur était déjà désigné en la personne de Marie-Cécile Ménard, adjointe à la mairie de Neuilly, mais l'élection partielle ne pouvant se tenir pendant les vacances scolaires, le scrutin aurait été repoussé à l'automne. Un délai qui aurait permis à certains, comme Jean-Jacques Guillet, Philippe Juvin ou Isabelle Balkany, de faire campagne pour briguer la présidence du conseil général et de laisser Devedjian gros Jean.

Il faut se rappeler qu'au moment des tractations, la tension entre Sarkozy et son fidèle lieutement était à son comble. Au point que ce dernier avait ironisé publiquement sur la politique d'ouverture : « Je suis pour un gouvernement d'ouverture, y compris aux sarkozistes, c'est tout dire. »

Le site du Conseil général assume
Si le maintien de Nicolas Sarkozy dans ses fonctions départementales n'a pas été publicisée, le site du Conseil général des Hauts-de-Seine en apporte la preuve formelle : la notice le concernant dans la liste des élus précise bien sa nouvelle fonction de président de la République à côté de celle de conseiller général, preuve que le site a été mis à jour depuis son élection et que sa présence dans la liste n'est pas une omission. Question à dix euros : Nicolas Sarkozy va-t-il conserver son indemnité mensuelle de conseiller général de 2500 € ou bien la verser au petit Noël des enfants de l'Elysée ?
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H
Pourquoi Sarkozy a tardé à quitter son conseil général de Julien Martin Nicolas Sarkozy n’est pas (encore?) doué du don d’ubiquité. Affairé à Bruxelles lundi soir, il a été obligé de se faire une nouvelle fois excuser à la commission permanente du conseil général des Hauts-de-Seine, qui se tenait en même temps. Pas de quoi étonner toutefois les autres conseillers généraux. Ils ne l’ont pas souvent vu à leurs côtés depuis 2004 et son élection à la présidence de la collectivité. "Quand il était ministre, il ne faisait que de brèves apparitions les jours de sessions à rapport", témoigne un élu de l’opposition. Une absence devenue complète depuis le mois de mars. Nicolas Sarkozy a déclaré à l’adresse de ses collègues : "Je ne serai pas présent durant la campagne présidentielle, pour assurer la sérénité des débats." Mais quoi de plus normal qu’un prétendant à l’Elysée se mette en congé de ses autres activités? Plus étranges sont les décisions prises à la suite de son élection. S’il a bien démissionné le 15 mai de son poste de président du conseil général, il a en revanche conservé son mandat de simple conseiller. Et voilà comment un chef d’Etat se retrouve également élu local ! Situation peu banale mais qui figure en toute transparence sur le site du conseil général des Hauts-de-Seine. Pourquoi continuer à siéger? Certainement moins pour les 2500 euros d’indemnité mensuelle (même si l’auteur de ces lignes ne cracherait pas dessus) que pour satisfaire aux exigences de Patrick Devedjian. Privé de ministère, le conseiller politique de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle ne pouvait se satisfaire de la seule direction partagée de l’UMP, il voulait aussi la tête du conseil général. Le stratagème politico-politique est alors subtil, comme l’explique le site de Marianne. L’élection d’un nouveau Président n’est possible que si tous les postes de conseiller sont pourvus. Or, si Nicolas Sarkozy avait quitté son siège, il aurait fallu procéder à une élection cantonale partielle. Et Patrick Devedjian aurait dû attendre cet automne pour être désigné. Sans compter que d’ici là d’autres candidatures UMP auraient pu émerger, dont celles de Jean-Jacques Guillet et Isabelle Balkany. En conservant ainsi son mandat, Nicolas Sarkozy a exaucé le vœu de son ami. Patrick Devedjian a été élu président du conseil général le 1er juin. Le chef de l’Etat peut maintenant partir avec le sentiment du devoir de fidélité accompli. Ce devrait être chose faite jeudi ou vendredi. Seule déception peut-être pour le chef de l’Etat : ne pas avoir transmis à Devedjian le gène de l’ouverture. Tous les nouveaux présidents et vice-présidents de l’assemblée générale et de la commission permanente du conseil général font partie du groupe UMP-Nouveau Centre. Mais il fallait s’y attendre, Patrick Devedjian n’avait-il pas déclaré : "Je suis pour un gouvernement d’ouverture, y compris aux sarkozistes, c’est tout dire..." (Rue89)
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