Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs
Un simple retour en arrière contredit le président de la République. Sur le Contrat d'insertion professionnelle (CIP) d'abord, rebaptisé « smic jeunes ». Avant qu'il ne soit retiré sous la pression des manifestations en 1994, ce contrat de travail à durée déterminée pour les moins de 26 ans rémunéré à 80% du smic était défendu par tous les membres du gouvernement d'Edouard Balladur.
Et au premier rang d'entre eux, figurait celui qui était alors ministre du Budget et porte-parole du gouvernement… Nicolas Sarkozy. En témoigne cette interview, le 16 mars 1994 sur le plateau de France 3. Interrogé sur l'opportunité de maintenir un tel contrat, il répond « bien sûr ». Avant d'enchaîner :
« Et si le CIP pouvait donner du travail à des jeunes ? Pourquoi n'expérimente-t-on pas ? Pourquoi manifester avant de savoir si cette formule va marcher ? (…)
Est-ce que c'est avoir peu d'ambition que de dire que, pour un jeune, il vaut mieux avoir un vrai contrat dans une véritable entreprise que de faire la queue à l'ANPE ? » ( Voir la vidéo ci dessous )
Sur le Contrat première embauche (CPE) ensuite, lui aussi retiré après une mobilisation monstre menée par les syndicats étudiants en 2006. Ce contrat de travail à destination des moins de 26 ans était à durée indéterminée, mais assorti d'une « période de consolidation » de deux ans durant laquelle le contrat pouvait être rompu à tout moment.
Avant de jouer les négociateurs, reprenant la main sur ce dossier dans lequel s'était embourbé le gouvernement de Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, soutenait pleinement le dispositif, au moins publiquement. En déplacement en Guadeloupe le 9 mars 2006, il déclarait devant la caméra de France 2 :
« Moi, je soutiens le gouvernement et le contrat première embauche. » (oir la vidéo ci dessous )
Le "coup de grâce" pour le chef de l'Etat a été asséné par celui que Nicolas Sarkozy soutenait lors de la présidentielle de 1995 : Edouard Balladur. L'ex-Premier ministre n'a pas manqué de rebondir sur les critiques adressées au CIP par son ancien ministre :
« Il l'a pourtant défendu avec beaucoup de flamme et je lui en suis toujours reconnaissant, parce que dans les moments difficiles il a toujours été à mes côtés pour m'apporter son aide. »