Il confirme. Les propos de Nicolas Sarkozy tenus dans le numéro d'avril de Philosophie magazine sur l'origine génétique de la pédophilie ont suscité la polémique.
Sur France 2, le candidat UMP a confirmé sa position, prétextant ne pas vouloir fermer « la porte à tout débat ». « Qui peut me dire que c'est normal d'avoir envie de violer un petit enfant de trois ans ? Est-ce que c'est un comportement normal ? A partir de ce moment-là, quelle est la part de l'innée et la part de l'acquis ? » a-t-il demandé. Et le candidat de l'UMP de prendre un autre exemple pour étayer son propos : celui des jeunes qui se suicident.
II avance que « génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable », ne voulant pas « qu'on complexe les parents ».
En dépit des multiples critiques et remises en cause de scientifiques – le généticien Axel Kahn juge la prise de position « relativement grave » – à l'UMP, on serre les rangs, et on défend le chef. Sur son blog, Patrick Devedjian se demandait, hier : « Dire " j'incline à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas gérer cette pathologie " Est-ce que c'est le refus de la responsabilité ? ou plutôt chercher à comprendre l'incompréhensible ? » Quant à Roselyne Bachelot, elle déclare à Marianne2007.info que « le procès fait à Nicolas Sarkoay (est) absolument ignoble » et trouve « extrêmement intéressant » d'« ouvrir le débat » à ce sujet.
Pour Valérie Pécresse, porte-parole du mouvement, « il n'est pas forcément impossible qu'il y ait peut-être, pour certains cas de pédophilie, des pathologies qui remontent à la naissance », déclare-t-elle à Marianne2007.info. « Le débat sur l'inné et l'acquis est un débat pluriséculaire » estime Valérie Pécresse. Elle pense qu'« on caricature ce qu'a voulu dire Nicolas Sarkozy. Si on décide que tout est déterminé à l'avance, c'est évidemment critiquable, mais ce n'est pas ce qu'il a dit ». Et quand des spécialistes expliquent que le raisonnement de Nicolas Sarkozy n'est pas scientifiquement fondé, Valérie Pécresse répond « mais l'inverse non plus ».
Estimant que les connaissances peuvent évoluer, elle prend pour exemple « l'autisme » : « Pendant des décennies, on a culpabilisé les mères (…), et il y a quelques mois, l'Inserm a dit qu'il y avait peut-être une prédisposition génétique », avance la porte-parole.
Après les premières réactions de Ségolène Royal – qui a jugé les « propos pour le moins surprenants » – et de François Bayrou – qui les estime « inquiétants » et « glaçants » – les réactions ont continué. « Il y a quelque chose qui conduit tout droit à une société que je ne veux pas, celle de l'eugénisme », a lancé ce matin, sur France Inter, Philippe de Villiers.
Sur la même tonalité, les Verts, « s'indignent » et évoquent aujourd'hui dans un communiqué un « eugénisme extrêmement dangereux ».
Quant à Marie-George Buffet, elle parle de « monstruosité » et demande : « Comment cautionner des théories qui ont servi de fondements idéologiques au fascisme, au nazisme (…) ? » Pour elle, « cette manoeuvre n'a qu'un but : dérober aux Français le débat qu'ils souhaitent sur leurs préoccupations : l'emploi, le pouvoir d'achat, le logement ».