Arnaud MOUILLARD, Educateur spécialisé. Blogueur membre des #LeftBlogs

Le 8 juin, Nicolas Sarkozy a présenté lors d'une conférence de presse le bilan de son action depuis 2002. Au niveau de la délinquance, il y a un « avant » et un « après » 2002, avant les délits augmentais, depuis ils diminue, voici en gros le discours du président de l’UMP concernant son bilan.
Le ministre de l’Interieur qui a fait beaucoup parlé de sa politique répressive, a donc livré le bilan de son action a son ministère depuis 2002 (hormis un passage de 14 mois au ministère de l'Economie).
Il a ainsi fièrement annoncé le chiffre de 8,8 % de baisse des crimes et délits constatés par ses services alors que «la délinquance avait progressé de 14,5 %» de 1998 à 2002. En revanche, les violences contre les personnes ont augmenté de 12,45 % de mai 2002 à avril 2006. Il s'est défendu en prétendant que "seules augmentent en réalité les violences de la sphère privée contre lesquelles on comprend que la police soit largement désarmée". Pourtant selon l'Observatoire National de la Délinquance, les violences physiques liées au vol ont également augmenté de 4,1 % en 2005. Or, celles-ci ne concernent pas la sphère privée et représentent 30 % des violences aux personnes.
Concernant la justice, un domaine qui ne relève pas de son champ d'action, Nicolas Sarkozy l’a fortement critiqué*. Le futur candidat UMP à la prochaine présidentielle a en effet présenté ses projets pour l'avenir en réclamment des"peines planchers" pour les délinquants récidivistes, il remet ainsi en question le principe d'individualisation des peines, ce système permettrait que "certains délits ou crimes" soient punis par des peines minimales automatiques d'emprisonnement".
Nicolas Sarkozy s'est également exprimé en faveur de la comparution immédiate pour les adolescents, qui seraient jugés comme des adultes dans certains cas, remettant ainsi en cause la philosophie de l'ordonnance 1945 (voir http://hern.over-blog.com/article-2703388.html ).
La communication sur la stratégie sécuritaire du ministre de l’Intérieur, président de l’UMP et président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a un grand avantage. En effet, si la délinquance baisse, il apporte la preuve que les choix "du Karcher" sont efficaces contre "la racaille" et si les chiffres sont en hausse, ils montre que les citoyens sont de plus en plus menacés et que ces mêmes choix et ses idées sont indispensables pour combattre cela.
* Le ministre de l’Intérieur a reproché au tribunal pour enfants de Bobigny de n’avoir pas "prononcé une seule décision d’emprisonnement" durant les émeutes en banlieues. Réponse du président du tribunal : "Ce reproche est faux et trahit une méconnaissance de la loi sur les mineurs pour lesquels le flagrant délit n’existe pas." Le Syndicat de la magistrature a saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour atteinte à l’indépendance de la justice.